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dimanche 10 décembre 2006

Commentaires

tiol


Mr degun, petite remarque. De mémoire,depuis les années 50,nous ne sommes plus au SMIG (salaire minimum interprofesionnel garanti) mais au SMIC (salaire minimum interprofessionnel de croissance). Pour le reste,nicolas sarkzoy est un bon candidat.

syl

Cher laurent bazin,

Satisfait d'avoir "piégé" patrick devedjian à imatin, sur le off? Homme de droite,il vous a répondu en toute franchise, en tout cas.
Vos textes sont certainement écrits dans la rapidité, d'où le nombre important de fautes d'orthographe mais le Bled reste un bon ouvrage en la matière et pour Madame ianetta,un bon dictionnaire d'anglais ou quelques cours accèlérés seraient de bon aloi.

L'autre fois, avec françois bayou,elle ignorait ce que signifiait le mot "trust" et aujourd'hui, elle confond "in" avec "on", croyant que le contraire de "off" est "in"... et non, non, il n'est pas nécessaire qu'elle soit agressive quand l'invité n'est pas de gauche....

Les mots sont amusants tout de même :

"classe populaire"... on est classé là en fonction de son salaire c'est ça? Ce sont les pauvres ?

On parle aussi de "quartier populaire"... c'est pourquoi ça? Les cités dégueulasses qu'il faudrait dynamiter?

Mais alors la "chanson populaire", le "bal populaire", un homme ou une femme "populaire", une "idée populaire"...

Par contre je note qu'une "mesure non populaire" a souvent une connotation positive (car elle rassemble?).

Le foutage de visage... "euphémisme populaire" ?

côme

pardon je n'ai pas signé le post précédent... Distrait par le post de Syl car je n'ai pas vu l'émission (et le visage de M. Devedjian qui me fait penser à Mr Bean... inéluctablement:)!).

syl


Côme,
un petit air de ressemblance avec monsieur bean,c'est vrai...

Gilbert Sorbier

Bonjour Côme, Domi, Malakine,
Content de vous lire et content d'avoir lu le très intéressant message de (I) à huit heures 57, à qui je demande poliment de bien vouloir préciser son nom (je n'arrive pas à lire s'il s'agit d'un 1, d'un L, d'un !, ou quoi ou qu'est-ce).
Sébastien,
Non vous n'êtes pas déclinologue, je crois même que nous ne nous rendons compte de l'état de délabrement du pays que lorsque nous avons des problèmes.
Par exemple, je ne me suis aperçu du délabrement de la justice que lorsque j'ai été obligé de porter plainte contre un concurrent malhonnête : Trois ans de dossiers en retard !
Je ne me suis aperçu du délabrement moral de la police que lorsque j’ai eu à les appeler (en vain) quand des jeunes des cités venaient voler les véhicules du personnel. Par contre lorsqu’une fois je me suis garé (en dépassant de 50cm) devant le commissariat, j’ai eu droit à être gardé 1h30 avec 7 gardiens de la paix autour de nous (avec mon fils de huit ans) me traitant devant lui de «honte de la France».

Charles André

"Les classes moyennes, en France, ce sont avant tout un projet de société". Mazette ! Une classe qui pense, et qui sait en plus à quoi elle pense, une "classe en soi" et "pour soi" pour ainsi dire, je croyais que le concept avait disparu depuis l'effondrement du bloc soviétique et la disqualification du marxisme. Finalement, Louis Chauvel nous livre une version à sa sauce de la lutte des classe.

C'est en ces termes que Denis Duplan évoque le dernier ouvrage de Chauvel... : http://touvabien.typepad.com/touvabien/2006/11/les_classes_moy.html

syl

Les remarques de l'internaute de 8H57 ' sont vraies. France a deux vitesses,c'est sûr. Grand malaise ,c'est certain.Réformes profondes? nécessaires,il est vrai.

l'ouverture de débats sur ce problème serait intéressant.
itélé est une chaîne qui permet ce genre de discussions,qui a de bonnes émissions.
Réjouissons nous. c'est important d'en parler.

côme

(8h57 c'était moi désolé pour l'absence de signature.)

M. André est-ce à dire que la classe moyenne n'est qu'une vue de l'esprit? Ou que toute notion de classe est illusoire?

J'ai pourtant le sentiment que des classes ou des groupes ou des communautés d'humains ou ce que vous voulez existent bien.

Avoir conscience à sa propre échelle de sa situation au sein de la société est-ce si impensable que ça? Et avoir le sentiment de ne pas être le seul est-ce encore plus délirant?

Pourriez-vous nous éclairer M. André s'il vous plait?

Gilbert Sorbier

Malakine,
J’en reviens à votre accusation de la Mondialisation et votre proposition de protectionnisme Européen.
1° La Mondialisation est entrain de devenir incontrôlable et comme toute organisation sans contrôle, de plus en plus fascisante.
2° Cela n’empêche pas, au contraire, de prendre toutes les dispositions pour que la France soit à la pointe de la résistance contre la dîtes Mondialisation, ce que nous sommes les DERNIERS à entreprendre. Alors que les USA qui sont ceux qui en ont le plus profité, sont aussi ceux qui s’en protègent le mieux. Là c’est un constat flagrant d’incompétence de nos dirigeants en place, comme des précédents d’ailleurs.
3° Le protectionnisme bien compris est une idée bien plus intelligente qu’il n’y paraît puisque s’il marche avec 300 millions d’Américains, il ne pourra que mieux fonctionner avec 450 millions d’Européens.
La différence est que les Etats-Unis ont un ministère de la «guerre économique» qui «truque» les aides gouvernementales et les taxes d’importation (TVA). Encore une fois cela nous renvoie à l’incompétence de nos dirigeants depuis 25 ans, incapables qu’ils ont été de mettre en place une Europe politique et volontaire, ils ont laissé, par facilité et paresse l’Europe se délayer dans une masse informe de Pays désaccordés et ingouvernables à 27. Sans d’ailleurs bien sûr demander aux PEUPLES, leurs avis.

Bravo Côme pour votre message de 8h 57, et à +, je dois aller bosser !

côme

C'est fou cette peur de la mondialisation... On est pourtant moins "mondialisés" qu'il y a quelques siècles... Ah mais oui c'était différent il s'agissait de colonies et nous avions les armes!!

Comme si la mondialisation était forcément négative... Alors je ne sais pas exactement moi... je ne suis pas économiste, mais je n'arrive pas à être surpris que des pays fassent valoir leur main d'oeuvre à bon prix... Ils ont les mains et l'occident la technologie. On a "exploité" la quasi totalité de ces pays et aujourd'hui alors qu'ils ont une force économique à faire valoir on veut une nouvelle fois leur retirer.

Je ne dis pas que tout ça n'est pas à l'origine de graves problèmes mais ne pas souhaiter accompagner ce mouvement et parler de protectionisme là j'avoue que ça me dépasse.

La classe moyenne dans tout ça ??

Pascal L.

Le découpage des Français en "classes" a sans doute beaucoup plus fait pour développer l'égoïsme ambiant que tout autre principe de fonctionnement de notre société.

Pour s'en convaincre, on peut (encore) parler des journalistes, qui tous les ans nous font part de leur émoi en dressant une liste des reporters tués dans l'exercice de leurs fonctions. Dans le même temps, il n'est fait mention nulle part des "sous-Français" qui meurent presque tous les jours... sur des chantiers de construction.

Est-ce à dire qu'une peau de journaliste vaut plus qu'une peau d'ouvrier ? On dirait bien.

Dire que la France a deux vitesses, c'est déjà avoir 60 ans de retard ! La France a un pédalier avec trois plateaux et une cassette avec neuf vitesses, ce qui donne une combinaison de 27 niveaux de Français possibles, allant du poids mort dont tout le monde rêve de se débarrasser par n'importe quel moyen (le SDF qui, bizarrement, intéresse tout le monde à l'approche des élections) au Grand mafieux en col blanc doté d'un cerveau de poule et qui, bien qu'ayant mis rien moins que le groupe Airbus presque à-genoux, coule actuellement des jours paisibles dans son nouvel appartement du centre de Genève, en partie financé par des Français qui ne pensent pas plus haut que... "mais au fait, à quelle classe j'appartiens moi ?"

Je rêve...

Il suffit d'écouter le discours des politiques pour s'en convaincre : d'un côté il y a "nous" (les politiques) et de l'autre le peuple qui ne nous comprend pas. Et pour cause ! Quand on monte au soixante-dixième étage pour parler à "ceux d'en-bas" sans porte-voix, çà ne facilite pas vraiment le dialogue !

Sarkozy, Royal, Bayrou et les autres ont beaucoup de chance de ne jamais être confrontés dans les interviews à de "vrais" Français, car alors on réaliserait vite qu'il n'y a tout simplement plus de classe moyenne.

La classe moyenne, elle a été diluée. C'est juste un petit fragment, parmi beaucoup d'autres (les mi-temps, les pauvres, les surdiplômés, les handicapés, les manuels, les sans-diplôme, les immigré de troisième génération, etc.), dont beaucoup de Français auraient "du" faire partie.

Mais ces Français-là, on les trouve aujourd'hui bouclés dans leurs HLM, faute d'argent, essayant de se réchauffer sous les ponts, crevant dans la rue au milieu des passants qui leur marchent presque dessus, ou alors ils attendent comme moi des réponses d'employeurs qui ne se manifestent jamais, excepté pour aller pleurer à la télé en disant qu'ils ne trouvent personne pour travailler dans leur entreprise (!).

La France ne fonctionne plus comme il y a trente ans ! Ou alors... suis-je le seul à m'en être rendu compte ???

Ne comptez pas sur moi pour m'émouvoir de cette histoire du gars qui n'a pas pu acheter un écran plasma pour la Coupe du Monde. Malgré mon BAC+4 et mon autre BAC+5, j'ai déjà refusé des postes de chauffeur parce que je n'avais pas les moyens de "m'offrir" un ticket de métro !

Les temps changent... Tout le monde connaît l'histoire de Sarko et de ses promenades avec son grand-père : ils achetaient deux tickets de métro, prenaient une ligne au hasard, allaient jusqu'au terminus et entraient dans le premier café venu, etc.

Pas étonnant que Sarko soit devenu Ministre de l'Intérieur : il a eu des moyens... que beaucoup de Français n'ont plus aujourd'hui !

Ce qui gangrène la France, c'est la PAUVRETE. Et le problème de la pauvreté c'est qu'elle est contagieuse. Mitterrand porte une très lourde responsabilité dans la situation actuelle, il a encouragé et favorisé la disparition pure et simple de toute valeur morale dans le monde politique et, par extension, pour le peuple Français.

Chirac promettait de réduire la fracture sociale, mais ses allocutions télévisées nous montrent que depuis quatre ans il a surtout expérimenté tout ce qui existe comme teintes de maquillage et comme teinture à cheveux !

Vivement la suite ! Entre un Sarko dont le projet évoque une chanson de Patrick Bruel et une Ségo dont le projet sera finalement celui que nous, Français, devrions lui soumettre... on est (encore) très mal barrés (au sens "gouvernail" du terme) !

Pascal L.

Je ne peux que saluer la clairvoyance de Gilbert sur les notions de mondialisation et de protectionnisme. La France a aujourd'hui un couteau planté dans chaque omoplate. Dans l'omoplate gauche, c'est une Europe ingouvernable, constituée d'Etats dont beaucoup n'ont rien de commun (ou vraiment pas grand-chose), dans l'omoplate droite, c'est une classe politique essentiellement constituée d'incompétents notoires pour lesquels la détention du pouvoir, à n'importe quel niveau, est un objectif qui dépasse très largement le bien-être des Français.

Un bien-être légitime qui, vue la situation actuelle... est d'ailleurs un objectif tout à fait hors de portée !!!

Désolé Côme, mais nous n'aurions pu exploiter personne sans une vraie complicité de la part des dirigeants (tout aussi incompétents que les nôtres) dans chacun des pays que vous définiriez aujourd'hui comme... exploité.

Ne nous rendons pas, en plus, coupables du naufrage de la France !!!

côme

Je suis quasi d'accord avec vous Pascal.

Cependant la classe moyenne n'était-elle pas la réunion des français ou des "fragments", dont vous parlez, gagnant entre tant et tant? Tout simplement... sous la barre c'est la pauvreté et au dessus le début de la richesse :s ?

Je pensais que le classe moyenne était une simple comptabilité de foyers finançant, par l'impôt et le travail, la France d'en bas bas et la France d'en haut haut...


Me trompe-je? (pas facile à prononcer ça d'ailleurs!)


carolus

@ côme,
une classe se définit en particulier par la conscience qu'elle a d'elle-même. Le concept a été créé en référence à la classe ouvrière. Force est de constater que la classe moyenne n'a aucune véritable susbtance, c'est un concept creux tellement son objet est indéfini.

Mais je ne suis pas expert et vous recommance plutôt d'interroger Denis Duplan, contributeur d'un blog collectif (Jusqu'ici tout va bien : http://www.typepad.com) auquel je participe. Denis, sociologue aimant particulièrement déconstruire les concepts qu'il juge bateau, fourre-tout, idéologiques, se fera un plaisir de vous répondre : http://touvabien.typepad.com/touvabien/2006/11/les_classes_moy.html

Je crois qu'il s'agissait aussi (et surtout?) de nuancer un peu les propos de Louis Chauvel qui prétend de plus en plus au statut de prophète et s'appuie sur des concepts qu'il serait bon de préciser.

carolus

Sorry pour l'adresse du blog : http://touvabien.typepad.com

côme

Merci pour les liens. J'irai les visiter avec beaucoup d'intérêt.

Vous parlez de "conscience de soi" ce qui est très intéressant mais pourquoi segmenter la population en fonction de ses revenus pose problème? En dehors des implications (théoriques) que je devine n'est-ce pas là jouer sur la sémantique plutôt que sur l'analyse?

En définitive n'est-ce pas un débat de chercheurs, de philosophes et de sociologues plutôt qu'une réalité?

S'attacher à la conscience de ses revenus ne serait-il pas plus simple !!??

Allez petite visite des liens que vous proposez, merci.

carolus

Et donc, quels seraient les revenus d'un membre de la classe moyenne?

Zbigniew

Je voudrais comprendre.
En effet, les Français sont difficiles à comprendre.
Ce pays qui compte plus de 5 millions de précaires, 2 millions d'enfants pauvres et on se penche avec compassion ou pas sur le sort des classes moyennes. Bravo.
Mais comme chacun devrait le savoir, la France est le centre du monde et Paris le centre de la France. Les hommes politiques au pouvoir, disent aux Français que leur pays est, sur tous les points, supérieur au reste du monde. Hier, c’était l’opposition, alors au pouvoir, qui leur chantait la même rengaine. Idem pour ces Français qui se targuent d’être les plus intelligents, d’avoir les plus belles filles au monde, les meilleurs fromages, les meilleurs vins, la meilleure culture et j’en passe…
Les meilleurs, à voir.
Car beaucoup de Français ne connaissent rien ou presque de l’étranger. Et ce n’est pas le fait d’avoir séjourné deux semaines au Club Med d’un quelconque pays que l’on peut avoir la prétention de le connaître. La remarque est valable pour les hommes politiques qui se réfèrent à certains pays après y avoir séjourné quarante-huit heures en voyage officiel. Pour connaître une région, un pays, il faut y avoir vécu, travaillé et côtoyé les indigènes plus de deux jours ou deux semaines.
J’ai eu cette chance pour avoir vécu dans des pays aussi différents que la Suède, l’Allemagne, l’URSS pour ne citer que cela. Mais également avoir fait de longs séjours professionnels en Italie, en Autriche, en Pologne, en Belgique, en Espagne, aux USA et j’en passe. Ce qui me permet d’avoir une opinion bien souvent différente des hommes politiques, des différents médias ou autres Français moyens.
N’en déplaisent aux Français excepté l’ex-URSS et la Pologne, on vit très bien dans les pays précités, et si la France continue à se complaire dans sa suffisance, l’Espagne sera devant elle dans un très proche avenir.
Avant l'arrivée de la gauche au pouvoir en 1981, beaucoup de ces pays enviaient la France sur tous les points, y compris pour ses politiques considérés comme des hommes d’État. Aujourd’hui quand je parle de la France avec mes amis Suédois, Allemands ou Espagnols, l’ironie se lit dans leur regard.
Personne ne comprend les trente-cinq heures, et encore moins le fait que l’actuelle majorité ne les aient pas abrogées. Les Français sont les plus productifs d’après les responsables politiques de gauche et les syndicats, c’est méconnaître l’appareil productif de leurs voisins, et c’est irresponsable de le faire croire aux Français.
Nicolas Baverez est un des rares économistes Français à être réaliste ou peut-être simplement à avoir le courage de dire la vérité.
Curieux ce pays où rien n’est fait pour les handicapés et qui a un retard phénoménal sur ce point, y compris sur les Etats-Unis.
Curieux ces gens qui bénéficient d’une bonne protection sociale pas la meilleure comme on veut le faire croire aux Français, mais qui en veulent toujours plus. Les intermittents du spectacle en sont la preuve. Ils sont les seuls au monde de bénéficier d’une indemnité chômage aussi généreuse. Bien qu’une grande partie d’entre eux ne sont ni comédiens, ni acteurs et certains sans talents. Les autres, les grands préfèrent travailler dans les pays de l’Est ou insulter le ministre de la culture, plutôt que de partager leurs gains.
Merveilleux pays où l’on pétitionne à tout propos, de préférence si on habite rive gauche ou autres beaux quartiers de la Capitale.
Difficile pour les étrangers de comprendre que des syndicats représentant 6% des vingt millions de salariés, puissent bloquer le pays par des grèves intempestives.
Curieux pays où l’on a mis en place hier une majorité de droite et qu’aujourd’hui on souhaite la renvoyer à ses études en plébiscitant la gauche lors d’élections régionales ou de referendum.
Curieux pays mais beau pays quand même où il fait encore bon vivre.
Mais si ses politiques ne se reprennent pas rapidement, la France glissera, que l’on veuille ou non, vers le déclin et pas seulement pour les classes moyennes.
Comme le dit si bien le Professeur Jacques Marseille (sic) :
La France c’est l’Union Soviétique qui a réussi.
Pour l’heure…

côme

C'est bien là où mon manque de connaissances me pose problème!

J'avais l'impression que l'on faisait référence à cet évantail de revenus lorsqu'on parlait de classe moyenne. N'ayant pas lu le Nouvel Obs que cite M. Bazin je ne vois pas comment sont classés ces 50 % de français qui formeraient cette classe par M. Chauvel.

j'espérais une précision sur la méthode classification et les critères de la part de quelqu'un.


Pascal L.

Je partage l'avis de Zbigniew sur de nombreux points : la suffisance à la française est un véritable frein à main dans un pays où tout (ou presque) est à refaire.

Pendant que partout de faux prophètes émergent de leurs taupinières, pendant que Ségolène, balayant 14 ans d'une Présidence socialiste marquée par des échecs dans tous les domaines (même et surtout moral) nous promet un ordre juste et que Nicolas, bouclier volontaire d'un Gouvernement de fainéants qui s'est surtout illustré par son absence de résultats (excepté pour les reconduites à la frontière) nous promet une rupture tranquille, à l'étranger on se moque à juste titre de la France. Une peuplade de grandes gueules dont le Président n'est plus, finalement, qu'un mélange entre Barbie et "Super-VRP", qui se promène dans toutes les régions du Monde en vendant les grands groupes industriels français (même si beaucoup d'entre eux ne font quasiment plus rien en France) pendant que les Français crèvent de faim.

Il faut dire qu'en France on est un peu maso et surtout fier de l'être ! On a poussé la démagogie jusqu'à dire et la crédulité jusqu'à croire qu'en travaillant moins on pourrait vivre mieux...

C'est vrai. Au début il y a eu une embellie. Les Français avaient encore quelques économies à dépenser et tout le monde s'est enthousiasmé du boom du secteur du bricolage (où les prix ont vite explosé) et de la création de quelques postes de services aux particuliers par-ci par-là (gardes d'enfants pendant que Maman allait chez Castorama, etc.).

Mais la source (le porte-monnaie) s'est vite tarie, car pour économiser il faut gagner de l'argent ! Alors pour combler le trou béant créé par les 35 heures dans les vrais revenus des Français, écrabouillés par l'impôt et la hausse des prix, on a inventé les R.T.T., qui se résument en gros à "braquer" les salariés en monnayant des jours de vacances qui auparavant étaient dus à un peu plus de la moitié de leur valeur. Mieux que le retour de bâton, c'est le retour de (beaucoup de) patrons !

Gilbert Sorbier s'insurge souvent contre ces dérapages qui ont (définitivement ?) plombé l'économie.

Et Gilbert n'a pas tort, même si de mon côté je pense souvent que le problème est plus un problème de matière grise (de toute évidence inexistante chez les politiques) et de morale (une autre notion qui n'existe peut-être définitivement pas chez eux) qu'un problème de moyens : le pognon, mon pognon, votre pognon, continue de s'engouffrer abondamment dans les poches de l'Etat via les impôts directs et indirects, et personne ne s'offusque de n'avoir aucune contrepartie.

Car même si nous nous en défendons, tout le monde entre un peu dans le jeu (surtout à la veille des élections) des désirs d'avenir dans un pays où tout peut devenir possible.

La réalité est un poil moins romanesque.

Les 35 heures sont un bon exemple de la démagogie congénitale, de l'incompétence notoire et de l'arrogance illimitée des hommes politiques français. Il est vrai que l'on ne peut pas demander de raisonner "économiquement" à une classe (une vraie celle-là) dont tous les acteurs de premier plan n'ont quasiment jamais travaillé de leur vie !

Des échos font état qu'au P.S., une certaine Martine, chargée de défendre la mesure à l'époque (35 heures hebdo), ne se privait pas en "off" (on y revient) de dire que c'était de loin l'une des idées les plus débiles qu'elle avait jamais entendues. Mais dans la foulée elle faisait aussi remarquer que personne ne lui avait demandé son avis sur le sujet (et pour cause, elle n'était que Ministre de l'Emploi).

Selon la légende (mais est-ce vraiment une légende ?), elle concluait invariablement sa petite tirade sur le sujet en disant qu'elle n'en avait rien à f... car les socialistes, c'était sûr, ne seraient de toutes façons plus au pouvoir pour payer les pots cassés.

Consacrez quelques minutes à lire la biographie de Martine Aubry sur Wikipedia et vous commencerez peut-être, comme moi, à penser que le meilleur moyen de redresser la France serait en fait de parquer les énarques, les polytechniciens et autres oisifs incompétents de tout poil dans des camps de travail, histoire de leur donner au moins un petit aperçu de ce qu'est la "vraie vie" pour un Français ! Mais bon je m'égare...

Reste le constat assez affligeant selon lequel dans un pays où les Français commençaient déjà à devenir allergiques au travail (à force peut-être de voir des politiques faire du gras comme autant de phoques sur la banquise sur une planète où il n'y aurait pas de réchauffement climatique), on leur a permis de croire qu'effectivement le travail n'était pas du tout une valeur fondamentale.

Bosser 39 heures ou 35 c'est pareil, qu'ils disaient ! T'auras plus de temps libre et tu pourras (enfin) dépenser tes économies dans un tas de produits et de services, tous assujettis à une TVA qui, c'est la règle, doit ensuite servir au financement de ton bien-être. On n'est-y pas gentils quand même ? En fait, comme on est encore gentils que cela, on te permettra même de faire le plein dans "nos" stations-services moyennant une petite contribution de 80 % du prix du litre de carburant. Alors, elle est pas belle la vie ?

Retour sur terre. Dans la grande distribution, parmi d'autres secteurs, on s'en foutait un peu. Les 35 heures c'était comme promettre à un aveugle qu'il pourrait piloter un car de sourds sur circuit sans accompagnateur. A de nombreux endroits de toutes façons on bossait déjà 60 heures par semaine et rien n'a changé 10 ans plus tard.

Ceux qui ne pouvaient manger que des pâtes ou du riz, une fois rentrés à la maison le soir vers 22 heures, ont juste dû, baisse du pouvoir d'achat oblige, aller chez Aldi, Lidl ou Ed plutôt que chez Carrefour, Auchan ou Cora. Pas après le travail bien sûr car même les magasins pour les pauvres sont fermés à cette heure-là. Il faut dire que comme ils ouvrent vers les cinq ou six heures du matin, les salariés ont un peu tiqué quand on leur a demandé s'ils pouvaient faire des journées de 16 heures payées huit... Pour contribuer au développement du magasin et devenir peut-être, un jour, manager d'une équipe de "moins que smicards" recrutés pour tenir les caisses quelques heures dans la semaine.

Les promesses électorales c'est bô ! Les conséquences c'est un tout petit peu moins bien.

Aujourd'hui c'est simple, plus personne n'a de fric. Fini le mythe des loisirs et du temps libre, en fait tout était déjà payant et tout a très vite augmenté. Alors fini le bricolage à la maison. Finis les emplois de services aux personnes âgées, parmi beaucoup d'autres mythes. Les maisons de retraite sont au bord de l'implosion depuis environ dix ans (sans aucune réaction de l'Etat) et on ne reçoit de toutes façons plus les vieux qui n'ont pas les moyens de "payer". On les fout juste dans des camions frigorifiques quand ils ont eu la mauvaise idée de mourir parce qu'il faisait trop chaud. Quant au bricolage... beaucoup de Français ont cessé de s'y intéresser depuis que leur revenu a diminué et que les impôts locaux ont augmenté dans des proportions telles qu'il est devenu très difficile pour eux de payer leur loyer.

On est donc passé du bricolage à l'explosion du travail au noir... seul vrai apport "bénéfique" des politiques depuis 1981 car là au moins, les Français ont encore la possibilité de dire que "c'est trop cher" et d'ailler voir ailleurs !

Eh Ségolène, Nicolas, faîtes pas la gueule ! Vous comprenez, c'est juste que trois ans de chômage, ça rend un tout petit peu acerbe. Ca m'amène par exemple à me demander : parler de "classes moyennes", et se demander en plus si elles pourraient changer la donne, c'est un peu habiter sur une autre planète, non ?

côme

Bha non là je ne suis pas d'accord sur la conclusion Pascal.
C'est un peu comme de dire : pourquoi s'intéresser à l'industrie du luxe alors que des gens crevent de faim dans nos rues...

Je partage beaucoup de vos opinions mais je ne vois pas pourquoi c'est vivre sur une autre planète que de se poser la question de la classe moyenne. Je ne suis pas si loin que ça de votre situation et je trouve que s'intéresser à cette classe (ou quelque soit le nom qu'on lui donne) peut être un premier pas pour réorganiser les choses.

Vivre sur une autre planète c'est vouloir vôter Chevènement comme M. Sorbier... Ah bha non c'est vrai du coup il va vôter Royal... yek yek yek ;)

Pascal L.

Mon intention, Côme, c'était de dire qu'il serait temps à mon avis de cesser de raisonner en termes de classes. Nous sommes tous dans le même bâteau.

Le débat autour des classes n'intéresse vraiment, je pense, que les politiques et les journalistes (là aussi on y revient) qui se demandent tous si ce sont plutôt les jeunes, plutôt les vieux, plutôt les immigrés, plutôt les homos ou plutôt les chrétiens / musulmans / isréalites / toute autre confession qui vont voter pour eux.

Parler de "classes" dans un pays où l'on ne peut même pas évaluer le nombre de Français qui vivent réellement en-dessous du seuil de pauvreté, c'est un peu comme parler de déco. dans un appartement qui est en train de brûler. Chose que nos politiques savent très bien faire (on ne peut pas leur enlever çà).

côme

Je n'ai pas l'impression que l'on soit tous dans le même bateau. Ou bien si c'est le cas je ne suis pas loin des galériens!

Il y a des pauvres et des riches mais il y a aussi tout le reste. Comme je l'ai dit mes connaissances en économies sont minces alors si quelqu'un peut me répondre : qui fait vivre (ou survivre) notre pays?

Votre dernier paragraphe Pascal, montre à quel point la France est incapable de se réformer car incapable de se regarder en face pas autre chose. Et j'irais plus loin en disant que le fait de dire qu'on s'en fout de savoir qui est quoi participe à cette incapacité.

Pourquoi avons-nous tellement de mal à mettre en évidence et à analyser les différences qui cohabitent en France? Comment peut-on faire fonctionner un pays si on ne sait pas qui y habite?? Alors certes nous devrions peut être éviter le terme de "classe" bien trop chargé historiquement mais il faut arrêter de refuser de voir qui est qui sous le pseudo prétexte d'une France capable d'assimiler ses citoyens (que ce soit économiquement, socialement, ethniquement et tout ce qu'on veut).

Sébastien

Notre pays crêve de faim ?

On est la risée de tout le monde ?

Ouhlà, y en a qui doivent déprimer avec les décorations de Noël, c'est pas possible...

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    Langue de bois interdite, coups de gueules bienvenus...

L'auteur

  • A 40 ans, je co-anime depuis deux ans la matinale d'i>TELE aux cotés de Nathalie Iannetta.

    Avant de rejoindre le groupe CANAL+, je présentais le 18/20 d'Europe 1 et "Question d'actu" sur LCI. Ancien correspondant de TF1 à Washington et à Jerusalem, j'ai commencé ma carrière par le reportage.