dimanche 14 janvier 2007

Charité bien ordonnée...

Une brève de comptoir à laquelle je ne résiste pas...

En parcourant ce matin un site politique très informatif (Election-Politique.com), je tombe sur ce communiqué du PS, signé Faouzi Lamdaoui, secrétaire national adjoint à l'Egalité :

Images9_2 "le parti socialiste déplore le maintien de Pascal Sevran à l'antenne de France Télévisions, en ce qu'elle représente une banalisation dangereuse des comportements discriminatoires et xénophobes. Se prévalant de la caution de diverses personnalités, dont le soutien de Nicolas Sarkozy (mais aussi des artistes et des personnalités de gauche, ndla), l'animateur de télévision se présente comme le bouc émissaire d'une affaire médiatique. Ce comportement indigne relève du racisme assumé et décomplexé".
Images10_2 Au fait, comment va Georges Frèche, l'homme qui traite un harki de "sous-homme" et trouve qu'il y a "trop de noirs" en équipe de France, toujours président "PS" de la région Languedoc Roussilon ?

J'hésite entre "l'hopital qui se fout de la charité" et le traditionnel "deux poids, deux mesures"... Au fait, l'un d'entre vous sait-il si Ségolène Royal a pris position sur la question ?

jeudi 07 décembre 2006

Ne tirez pas sur le lampiste...

Je lis vos commentaires et je suis frappé de voir combien la critique des medias est devenue courante, quotidienne, le mépris parfois systématique. Frappé de lire des commentaires de blogueurs qui ne parlent que de complot, de "politico-mediatique". De consanguinité... Et désormais, depuis qu'il a "défié" Claire Chazal et TF1, de François Bayrou.

A mon niveau, je n'ignore évidemment pas les petites - et parfois les grandes - compromissions de certains. La complicité passée ou présente qui unit les uns ou les autres. Les petits arrangements ou les grandes réconciliations qui ont rythmé l'histoire agitée du couple Politiques/journalistes et Politiques/Industriels.

Prenez la une de Paris-Match ce matin : une photo pleine page de Nicolas Sarkozy, en veste bleue et chemise blanche ouverte barré du titre suivant:3003_1

"un destin en marche"
Stupéfiant...

Images_2 Est-ce donc le même Paris Match qui publiait il y a un an la photo de Cécilia Sarkozy, cherchant un appartement à New York ? Est-ce une façon de se rattraper après trop de "unes" (trop gentilles?) consacrée à Ségolène Royal ? Pourquoi maintenant ? Faut-il y voir le résultat d'un marchandage? D'un changement de ligne éditoriale ? Une contrepartie ou une façon de s'excuser d'avoir été trop loin ?

On ne laisse de s'interroger.

Images1 Une seule certitude : entre la Une sur Cécilia et la Une sur Nicolas, le directeur de la Rédaction de Match, Alain Genestar, a été remercié par son actionnaire. Nicolas Sarkozy a été tellement furieux de voir cette photo en couverture d'un journal du groupe Lagardère que pendant des semaines, il n' a plus pris au téléphone ni son propriétaire, Arnaud, ni Jean-Pierre Elkabach (patron d'Europe1, de Public Sénat et administrateur du groupe sus-nommé) dont il est si proche. Une brouille ostensible. Presque un début de guerre qui beaucoup inquiété rue de Presbourg (siège du groupe) où l'on ne veut pas d'un conflit avec celui que le tout Paris considère comme "l'homme qui a une chance sur deux de devenir président de la République".

Un homme à craindre et qui sait en imposer aux rédactions comme à ses collègues ministres. Comme le racontait ce matin Nicolas Domenach dans la matinale d'I>télé.

"Avec Sarko, dit Nicolas, auteur d'une biographie du président de l'UMP, c'est avec moi ou contre moi".

Le nouveau directeur de la rédaction de Match et son actionnaire ont donc choisi... Et cette Une est sans doute un exemple frappant de cette pusillanimité qui reste le fort de certains journalistes et patrons de presse. Toujours avec les loups, gorge offerte. Les premiers à agiter les dagues lorsque le vieux lion faiblit.

Images4 Segolène Royal, sur un autre mode, a su très habilement fidéliser autour d'elle une poignée de journalistes admiratifs (et -tives). Choisis avec précaution, accueuillis avec chaleur, comme des amis, là ou les autres peinent à rentrer. Lionel Jospin en son temps avait sa jospinie. Et à ce jeu là, on assiste parfois à de spectaculaires palinodies... J'ai souvenir d'un journaliste de télé aussi jospinien en 2002 qu'il avait été balladurien en 94/95. Sans pudeur excessive, sans idéologie, juste au gré du vent. Pas de chance, il a perdu deux fois. La prochaine, peut-être ?

Parce que je suis conscient de celà, je ne peux pas dire que Francois Bayrou se trompe lorsqu'il dénonce avec Jean-Francois Kahn la "bullocratie". Mais parce que je déteste autant qu'eux ces petits arrangements et que je n'ai pas le sentiment d'en être complice, je suis ulcéré de voir que ce thème des journalistes "loin de tout, pervertis par le système", est en train de devenir une autre forme de pensée unique.

Pour dire la vérité, je trouve limite de voir des hommes politiques qui dejeunent et partagent volontiers une coupe de champagne après une émission, venir sur les plateaux de télé en désignant les journalistes présents à la vindicte populaire.

Je me rappelle de Jean-Christophe Lagarde, le maire UDF de Drancy, fatigué sans doute par son travail de terrain, venir un matin nous faire la leçon sur la délinquance des mineurs. A une question incisive il répond : Images3

"évidemment, vous ne pouvez pas comprendre. Vous habitez dans les beaux quartiers".
Parce qu'un journaliste, ça habite forcément les beaux quartiers, pas vrai ? Et puis faire la leçon à un journaliste c'est populaire, n'est-ce pas ? Surtout lorsqu'on est à bout d'argument. Et je crois que ce matin là ce n'était pas son cas.

Je me souviens de ce que m'a dit un jour Nicolas Sarkozy avant une émission en public sur LCI :

"Ah, c'est vous le journaliste. Alors c'est sur vous que je cogne. Avec eux je suis gentil... Vous savez comment ça marche, non ?".
Oui je sais. Mais franchement je trouve la technique aussi efficace que démagogique.

Dénoncer le système comme le fait François Bayrou, parce qu'il est difficile d'exister médiatiquement entre "Ségozy et Sarkolène", d'accord. D'autant qu'il s'attaque à des groupes (Bouygues, Dassault Lagardère) qui ont notoirement les moyens de se défendre. En faire une posture, pratiquement un nouveau système, me semble en revanche dangereux.

Je crois profondement que les politiques ne se sauveront pas en accusant artificiellement les journalistes de ne rien comprendre aux vrais aspirations du pays et que les journalistes n'iront pas bien loin non plus s'ils se contentent de servir la soupe aux candidats et changer de cheval au gré du vent. Je crois qu'on ne respecte pas ceux qui vous sont acquis. Et que rentrer dans ce jeu, c'est se condamner à n'être plus respectable. Je crois aussi que c'est aux politiques d'agire et qu'ils ne peuvent pas continuer à accuser les journalistes de ne rien comprendre sous pretexte que la colère des électeurs grondent.

Alors oui, il m'arrive parfois de déjeuner avec des hommes ou des femmes politiques. Nicolas Sarkozy, hier midi. Michèle Alliot Marie, Laurent Fabius ou Dominique de Villepin, avant lui. Je ne vais pas pour autant à la soupe. Croyez le ou pas : je vais à la pêche. Aux infos... Moi qui ai longtemps été reporter, les connaitre mieux m'éclaire.

Vous pouvez bien sûr suspecter que nous "complotons ensemble, contre les français", pour nous "partager le gateau". Jean-Marie Le Pen l'affirme depuis des années. Ca ne l'a pas empéché d'être au second tour de la dernière présidentielle. Et Balladur d'être mis en retraite en 95. Et... franchement, si les journalistes faisaient l'élection, ça se saurait...

Alors ouvrons le débat. Mais cessons de tirer sur le lampiste. Même si il a bon dos.

lundi 27 novembre 2006

A bas le foot ?

Je suis assez frappé de voir et d'entendre des supporters du PSG commémorer la disparition de leur "pôte" Julien (tué jeudi soir aux abords du Parc des Prince par un policier) avec des banderolles qui rappellent les grandes manifs de 86 en la mémoire de Malik Oussekine... Très frappé aussi de lire dans la presse que les Boulogne boys, le groupe auquel il appartenait, ont ouvert sur internet un registre posthume pour lui rendre hommage.

Selon Le Monde, près de 500 messages de soutien ont été déposés en trois jours sur le site de ce groupe radical, réputé proche de l'extrême droite, essentiellement par des fans du PSG mais aussi par d'autres ultras français ou européens.

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" Le registre, écrit le journaliste du Monde, traduit l'émotion et la colère de la "famille ultra" pour qui la "victime", porteuse (...) de la "carte 255" des Boulogne boys, a été transformé en "coupable".

Claude, 18 ans, membre des "BB85" (référence à la création du mouvement en 1985), exprime sa solidarité avec le supporter tué et sa colère face à la justice, à la police, aux hommes politiques et aux médias. Intérimaire, il nous dit avoir "immédiatement apprécié" l'univers des BB. "Les valeurs qui y sont représentées ne sont nulle part ailleurs", explique-t-il, par mail, en évoquant "l'honneur", la "fierté", le sentiment (...) de défendre "ses valeurs, ses racines, sa région, son honneur, son club".

Membre des "Boys", Franck, 20 ans, étudiant, évoque la "ferveur inépuisable" de la tribune. "Un Boys ne meurt jamais. RIP (Repose en paix). Un Boys qui te salue", a-t-il écrit sur le registre. "Un groupe ultra, c'est une famille. On peut ne vivre que de ça", nous indique-t-il, plus tard, par courrier électronique, en racontant qu'il est d'abord venu au KOB (kop of Boulogne) pour "l'ambiance".

L'association des Boulogne Boys, qui compterait environ un millier de membres, selon la police, revendique ce fonctionnement clanique et l'"amour du groupe", vanté dans les tracts distribués dans le "bloc B3" de la tribune Boulogne lors du premier match de championnat, en août. "Après avoir franchi le premier pas du partage, il vous faudra avant tout vous intégrer dans le groupe, le comprendre et surtout respecter sa philosophie", avertissait ce numéro de La Voix des Boys, imprimé sur une feuille A4 par l'association. Celle-ci assure se financer grâce aux adhésions (15 euros par an) et à la vente de "matos", des produits dérivés, siglés Boulogne Boys."

Les Boulogne Boys font-il partie des groupes que le directeur de la Police Nationale disait ce matin vouloir interdire ?

Parlons-nous de groupe de supporters ou d'une fraternité virile et volontiers violente dont le but est d'unir ses membres contre l'Autre ? L'adversaire, l'ennemi, l'étranger... Avec des slogans pareils, des fonctionnement pareils, comment peut-on être seulement surpris de voir la partie déraper dans la rue?

La vraie surprise, ce n'est pas que ça arrive, mais qu'on n'en entende pas parler plus souvent. Peut-être parce que généralement il ne se trouve pas un policier en civil pour s'interposer et finalement ouvrir le feu... Peut-être parce que tous les stades ne se trouvent pas en centre ville (volir commentaire de Charles) ?

1164553003 Une question enfin et pas des moindres : à quoi jouent les très respectables responsables du PSG lorsqu'ils condament les faits mais offrent de payer une partie des frais médicaux du second hooligan blessé ?

Comme s'il faisait "partie de la famille", précisemment...

Lorsque l'on mélange les genres à ce point, comment empécher certains de se dire que les clubs sont bels et bien responsables de ce type de dérapage? Et d'autres aller jusqu'à réclamer des matchs à huis clos, des démissions ?

La vérité, pour Paris, c'est qu'il y a belle lurette que ces incidents éclatent aux abords du Parc. Qu'avant le BB85, il y avait les KOP, et qu'avant encore les néo-nazis proches de "Troisième voie" jouaient déjà à transformer la Porte de Saint-Cloud en scène néo-nazie.

Il y a en fait bien longtemps que ces faits divers plus ou moins médiatisés ont dissuadés les parents d'emmener leurs enfants au stade. Et ceux qui expliquent aujourd'hui que l'on ne peut pas obliger un club a jouer à huis clos "parce que ça tuerai le sport", n'ont pas assez fait sans doute pour empécher le sport de crever de cette violence .

Alors comment sanctionner ? Et qui ?

Je n'ai pas la réponse. Mais il me semble qu'en Angleterre, en Allemagne, des solutions assez radicales ont été trouvées. Je ne sais pas s'il faut aller jusque là ou au delà. Je n'ai pas de solution miracle. Mais je trouve le gachis tel qu'il est temps, je crois, d'ouvrir vraiment le débat.

Et surtout d'éviter que le dossier se referme, une fois l'émotion retombée.

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A propos

  • Parce que l'actualité ne s'arrête jamais, je vous propose de partager ici mes commentaires, de réagir aux infos glanées "off" et surtout de débattre ensemble, sans tabou.

    Langue de bois interdite, coups de gueules bienvenus...

L'auteur

  • A 40 ans, je co-anime depuis deux ans la matinale d'i>TELE aux cotés de Nathalie Iannetta.

    Avant de rejoindre le groupe CANAL+, je présentais le 18/20 d'Europe 1 et "Question d'actu" sur LCI. Ancien correspondant de TF1 à Washington et à Jerusalem, j'ai commencé ma carrière par le reportage.

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