Ayrault et les "bouts de ficelles"
En pleine forme Jean-Marc Ayrault ce matin. A peine revenu d'un voyage express en Algérie, débarqué de Nantes par le train de six heures, le président du groupe socialiste à l'Assemblée, n'ignore cependant rien des difficultés que rencontre en ce moment Ségolène Royal.
"Ne soyez pas aussi impatients, dit-il. Vous, journalistes, commentateurs, n'avez pas le bon logiciel pour la juger. Elle mène, et c'est son choix, une campagne différente, a-typique, radicalement nouvelle. Elle est à l'inverse de Sarkozy, qui lui se prépare depuis cinq ans à une campagne ultra-classique, très huilée.
En plus, elle mène depuis un an une campagne de bouts de ficelle. C'était déjà le cas dans la primaire socialiste face aux réseaux et à l'expérience de Fabius et DSK. Elle est venue de loin, par l'extérieur, entourée d'un tout petit noyau de quatre-cinq personnes, pas beaucoup plus. Ca a payé, elle a gagné, maintenant il faut que le parti vienne renforcer tout ça
Au programme : un grand nettoyage des porte-parole signé Julien Dray, un renforcement des "synergies" avec le parti et surtout la création d'une unité baptisée "Riposte", composée d'une dizaine de députés prêt à répondre du tac-au-tac aux propositions et aux accusations des adversaires. Chacun dans son domaine... Une unité de tireurs d'élite, en somme, pour permettre à la candidate de se "concentrer sur son rapport aux français".
Exit les "bouts de ficelle" et l'aimable improvisation des premières semaines. Le PS sort l'artillerie lourde.












