« octobre 2006 | Accueil | décembre 2006 »

jeudi 30 novembre 2006

Province, Sarkozy s'y met...

Nicolas Sarkozy est donc candidat.

Au risque de paraphraser les porte-paroles du PS, c'est effectivement un "non-évènement", en tout cas une non-surprise.

Il plaide la "rupture tranquille", annonce qu'il quittera Beauvau pour faire campagne, qu'il dira tout, qu'il ne s'interdit rien. Comment pouvait-il en être autrement après les quatre années hyper-actives que vient de passer le président de l'UMP-Ministre de l'intérieur-candidat virtuel à l'héritage de Jacques Chirac? On être un mauvais fils et faire un bon héritier, il s'emploie à le dire, sans doute un peu contre ses convictions, dans cette interview accordée collectivement à la presse quotidienne régionale. En tout cas, il sera sans doute, en campagne, par son énergie et sa vitalité, le digne successeur de celui qu'il a tant admiré et tant trahi.

Chartres1Mais pardon... Mais attendez... A qui avez-vous dit que l'interview avait été accordée ? A la PQR ? Késako ? La presse quotidienne régionale ? Quoi, Sarkozy, ses 4200 interventions télés en quatre ans, ses 1500 UBM/jours (Unité de Bruit Mediatique, qui mesure les minutes d'antenne et les pages des journaux), Sarko le héros de l'audimat, l'ami des medias parisiens, se serait brutalement converti aux vertus des la presse de Province ?

"La presse régionale et ses dix huit millions de lecteurs", plaident ses conseillers en communication, pas peu fier de leur idée, improvisée en 24 heures après des semaines d'angoisses. Faute d'avoir trouvé une façon plus originale de faire se déclarer leur champion, ils font ainsi mine de découvrir les vertus de ce "formidable media-de-proximité-de-masse". Comme Chirac en 95, dans la Voix du Nord, mais lui, il est vrai, n'avait plus avec lui depuis des mois les éditorialistes parisiens et repartait du sous-sol de la Balladurie

La PQR... Voilà l'info : il n'y a donc pas que Paris. Et du coup, voilà que l'on redecouvre Mac Luhan, car si l'interview ne nous apprend rien ou presque, c'est bien dans le choix du media qu'il faut chercher le message : "moi aussi, semble dire Nicolas Sarkozy, je suis le candidat de la Province, de la France d'en bas, de la proximité. Moi aussi, j'aime ce village que Francois Mitterrand avait planté sur ses affiches en 81 (hier "la force tranquille", demain "la rupture tranquille"...). Cette PQR qui, comme par hasard, dans ses éditos comme dans le vote socialiste plébiscite Ségolène Royal (voir enquête IFOP réalisée après les primaires du 16 novembre).

"Correction d'image", analyse paisiblement Jacques Camus, le patron de la République du Centre, qui a été le premier surpris d'être convié hier matin Place Beauvau. On a envie de se demander si les électeurs seront dupes, mais sans doute serions nous alors un brin irréverrencieux...

Alors question : Nicolas Sarkozy a-t-il réussi sa déclaration ou au contraire "raté son entrée", comme l'écrit Libération ?

Sgeqrv73301106073935photo00quicklookdefaC'est vrai que le faux départ du 20heures de TF1 la semaine dernière n'était pas un modèle du genre. Mais franchement Rocard (le fébrile), Giscard et Balladur (les monarques), mais aussi Jospin (le fax) avaient fait bien pire. Et toujours aussi franchement, je crois que cet exercice imposé a quelque chose de factice qui ne dit pas grand chose de la suite. Mais ce que dit le choix du media, tout de même, c'est ce que cherche Nicolas Sarkozy : les faveurs de ceux que le système (parisien?) ne reconnait pas, ces "invisibles" qui souffrent loin du microcosme, ce "peuple" qui n'est pas que de Province mais qui en veut tant aux deux camps traditionnels d'avoir si longtemps ignoré ses préoccupations, ses inquiétudes, ses angoisses.

Une présidentielle ne se gagne pas à Paris. Voilà une leçon que ce surdoué médite sans doute depuis longtemps.

lundi 27 novembre 2006

A bas le foot ?

Je suis assez frappé de voir et d'entendre des supporters du PSG commémorer la disparition de leur "pôte" Julien (tué jeudi soir aux abords du Parc des Prince par un policier) avec des banderolles qui rappellent les grandes manifs de 86 en la mémoire de Malik Oussekine... Très frappé aussi de lire dans la presse que les Boulogne boys, le groupe auquel il appartenait, ont ouvert sur internet un registre posthume pour lui rendre hommage.

Selon Le Monde, près de 500 messages de soutien ont été déposés en trois jours sur le site de ce groupe radical, réputé proche de l'extrême droite, essentiellement par des fans du PSG mais aussi par d'autres ultras français ou européens.

H_9_ill_838816_par968259

" Le registre, écrit le journaliste du Monde, traduit l'émotion et la colère de la "famille ultra" pour qui la "victime", porteuse (...) de la "carte 255" des Boulogne boys, a été transformé en "coupable".

Claude, 18 ans, membre des "BB85" (référence à la création du mouvement en 1985), exprime sa solidarité avec le supporter tué et sa colère face à la justice, à la police, aux hommes politiques et aux médias. Intérimaire, il nous dit avoir "immédiatement apprécié" l'univers des BB. "Les valeurs qui y sont représentées ne sont nulle part ailleurs", explique-t-il, par mail, en évoquant "l'honneur", la "fierté", le sentiment (...) de défendre "ses valeurs, ses racines, sa région, son honneur, son club".

Membre des "Boys", Franck, 20 ans, étudiant, évoque la "ferveur inépuisable" de la tribune. "Un Boys ne meurt jamais. RIP (Repose en paix). Un Boys qui te salue", a-t-il écrit sur le registre. "Un groupe ultra, c'est une famille. On peut ne vivre que de ça", nous indique-t-il, plus tard, par courrier électronique, en racontant qu'il est d'abord venu au KOB (kop of Boulogne) pour "l'ambiance".

L'association des Boulogne Boys, qui compterait environ un millier de membres, selon la police, revendique ce fonctionnement clanique et l'"amour du groupe", vanté dans les tracts distribués dans le "bloc B3" de la tribune Boulogne lors du premier match de championnat, en août. "Après avoir franchi le premier pas du partage, il vous faudra avant tout vous intégrer dans le groupe, le comprendre et surtout respecter sa philosophie", avertissait ce numéro de La Voix des Boys, imprimé sur une feuille A4 par l'association. Celle-ci assure se financer grâce aux adhésions (15 euros par an) et à la vente de "matos", des produits dérivés, siglés Boulogne Boys."

Les Boulogne Boys font-il partie des groupes que le directeur de la Police Nationale disait ce matin vouloir interdire ?

Parlons-nous de groupe de supporters ou d'une fraternité virile et volontiers violente dont le but est d'unir ses membres contre l'Autre ? L'adversaire, l'ennemi, l'étranger... Avec des slogans pareils, des fonctionnement pareils, comment peut-on être seulement surpris de voir la partie déraper dans la rue?

La vraie surprise, ce n'est pas que ça arrive, mais qu'on n'en entende pas parler plus souvent. Peut-être parce que généralement il ne se trouve pas un policier en civil pour s'interposer et finalement ouvrir le feu... Peut-être parce que tous les stades ne se trouvent pas en centre ville (volir commentaire de Charles) ?

1164553003 Une question enfin et pas des moindres : à quoi jouent les très respectables responsables du PSG lorsqu'ils condament les faits mais offrent de payer une partie des frais médicaux du second hooligan blessé ?

Comme s'il faisait "partie de la famille", précisemment...

Lorsque l'on mélange les genres à ce point, comment empécher certains de se dire que les clubs sont bels et bien responsables de ce type de dérapage? Et d'autres aller jusqu'à réclamer des matchs à huis clos, des démissions ?

La vérité, pour Paris, c'est qu'il y a belle lurette que ces incidents éclatent aux abords du Parc. Qu'avant le BB85, il y avait les KOP, et qu'avant encore les néo-nazis proches de "Troisième voie" jouaient déjà à transformer la Porte de Saint-Cloud en scène néo-nazie.

Il y a en fait bien longtemps que ces faits divers plus ou moins médiatisés ont dissuadés les parents d'emmener leurs enfants au stade. Et ceux qui expliquent aujourd'hui que l'on ne peut pas obliger un club a jouer à huis clos "parce que ça tuerai le sport", n'ont pas assez fait sans doute pour empécher le sport de crever de cette violence .

Alors comment sanctionner ? Et qui ?

Je n'ai pas la réponse. Mais il me semble qu'en Angleterre, en Allemagne, des solutions assez radicales ont été trouvées. Je ne sais pas s'il faut aller jusque là ou au delà. Je n'ai pas de solution miracle. Mais je trouve le gachis tel qu'il est temps, je crois, d'ouvrir vraiment le débat.

Et surtout d'éviter que le dossier se referme, une fois l'émotion retombée.

dimanche 26 novembre 2006

"Tous pourris" ?

Plutôt "cash" en effet le ton des commentaires des internautes sur le Lambron (voir "Mignonne, allons voir"...) comme sur le Copé ! Mais on ne peut pas ouvrir le débat, réclamer de la franchise et s'en plaindre ensuite (merci tout de même à Guy Sorbier de la fidélité de ses encouragements).

Puisque vous êtes plusieurs à insister sur les affaires et la façon dont elles auraient jouées contre les deux candidats mâles du PS, deux mots des deux dossiers en question :

Je pense personnellement qu'on ne peut pas passer les dix prochaines années à refaire à Fabius le procés du sang contaminé (scandale duquel l'ancien premier ministre a été éxonéré). En revanche j'ai toujours été frappé de la façon dont Laurent Fabius (y compris "off") a toujours balayé le sujet d'un revers de main. Considérant la page comme tournée du point de vue de l'opinion. Je ne le crois pas. C'est injuste, au yeux de la décision rendue, mais c'est ainsi.

Je rappelle par ailleurs que DSK a fait l'objet d'un non lieu dans l'affaire de la MNEF, où il était effectivement poursuivi au titre de son cabinet d'avocat conseil. La seule question qui se pose est de savoir si des acteurs politiques doivent pouvoir émarger à titre privé auprès d'organisations, de syndicats ou d'entreprises ayant à voir avec le public. Question morale qui reste à débattre. Pas si simple...

Mais tout de même, au bout du compte : pensez-vous vraiment que ces dossiers aient eu quoi que ce soit à faire avec le vote des militants socialistes ?

"Sortez les sortants", sans doute. "Faites entrer l'accusé", je n'y crois guère.


mercredi 22 novembre 2006

Mignonne, allons voir...

Nathalie et moi recevions ce matin Marc Lambron, auteur d'un "essai littéraire" sur le mystère Royal ("mignonne, allons voir...", chez Grasset).

5743 Dans cet ouvrage alerte et assez intello, on trouve quelques perles que je voudrais soumettre à ceux comme Anthony ou Gilbert qui ont témoigné sur ce blog des raisons présummées du succés de la dame en rose. Ou en tout cas de l'echec de ceux qui ont tenté de la ramener au sol.

Au delà du coté messianique, esthetique, féminin de la candidate, Marc Lambron croit pouvoir identifier ainsi ce qui fait son succés :

"Segolène Royal est extraordinairement effrontée (...) totalement désinhibée vis à vis de ce qui paralyse habituellement un dignitaire du Parti .(...) Elle ne connait pas grand chose à l'économie et au fond, elle s'en fout, un peu comme Mitterand. Elle n'est pas non plus paralysée par la discipline, les motions de synthèse, la cuisine, dont le camarade Hollande est un expert."
Et cette grande liberté s'explique, croit-il par le fait qu'elle soit "décontaminée" des grands complexes qui coupent la gauche du réel :

224672031101_aa240_sclzzzzzzz_v35001063_

"Elle est ignare en science marxiste, vaccinnée contre les rigueurs du surmoi révolutionnaire, plus proche de la lecture de Marie-Claire que des diktats de Rosa Luxembourg. L'autre mouvement qui parait l'avoir laissée de marbre c'est le vent libertaire qui soufflait (lors de son adolescence, ndla) sur les lycées et les universités francaises : tout ce folklore velu qui pronait les manteaux afghans, l'amour libre, le rock planant et les voyages vers l'orient. Ségolène a-t-elle lu Actuel et Charlie Hebdo ? S'est-elle jamais étendue sur un kilim, un peu envapée, pour comtempler les poutres du plafond tandis qu'un lycéen lui glissait la langue dans l'oreille ? a-t-elle rêvé d'échappées vers la Californie sur les motos d'Easy Rider? Pas sûr. (...) Nostalgiques des barricades rangez vos pavés : Mother Poitou sonne la fin de la récré.".
Avis aux "farouches défenseurs des tabous du Caviardisme à paillettes", comme l'écrit Gilbert dans son commentaire (sous "i>télé en campagne?") : madame Royal serait "politiquement décompléxée" et c'est, selon Lambron, ce qui la rendrait si populaire auprès de ces militants, anciens et nouveaux, qui "en ont assez qu'on leur fasse honte d'être de gauche".

Au risque d'être une nouvelle fois traité d'indécrottable cérébral, caviardo-mondain, je soumets cette nouvelle thèse - qui n'est sans doute pas la dernière - à votre expertise.

Copé et le "bocal"

Remarque amusée du porte-parole du gouvernement Jean-Francois Copé sur le petit déjeuner qui réunit tous les mardis les "éléphants" de l'UMP :20061114www000000366_19892_3

"C'est assez tendu en ce moment. En fait, ça dépend largement de ce qui s'est dit le dimanche soir dans les différentes émissions politiques. Si l'un ou l'autre s'est lâché (cf Villepin, à Ripostes dimanche dernier), comme ça arrive souvent en ce moment, alors ça tourne facilement au réglement de compte. Il faut dire que lorsqu'on est tous les uns sur les autres dans le même bocal, pendant trente ou quarante ans, forcément les nerfs finissent par se tendre".
Un vibrant plaidoyer pour le renouvellement du personnel politique et la limitation de la durée des mandats.

PS : pour info, et peut-être pour sortir un peu du "bocal", JF Copé vient de lancer le site internet de son club génération.france.fr.. Pour les amateurs le "forum anti-langue de bois" ne manque pas de sel...

mardi 21 novembre 2006

Juppé : Villepin, Sarko, Chirac et moi...

Un salut à Mad max qui "du fond de sa grotte" doute tant des media et un mot des coulisses de la prestation d'Alain Juppé au "Franc Parler" hier soir...

Autour d'une coupe de champagne (ou deux?), l'ancien premier ministre se laisse aller à l'exercice du "bien entendu c'est off". Au passage : l'homme est sympathique. Sérieux mais (et?) sympathique.

350034908 On le dit faché avec Villepin ?

"Nous ne sommes pas fachés. Contrairement à ce que l'on a raconté ici ou là, nous ne nous sommes pas engueulés à la veille de la nomination de son gouvernement. Il m'a invité, nous avons passé en revue la liste des ministres. Ca a duré trois-quart d'heure. J'ai pris ça pour une marque de respect. Et voilà... Lorsque je suis sorti, Xavier Darcos était encore ministre. S'il a été viré il n'a a s'en prendre qu'à lui. Non je n'ai jamais dit à Villepin que le nommer était une erreur. Mais oui j'avais appelé Chirac le lundi après midi (la veille, ndla) pour lui dire qu'il devait réfléchir à nommer Sarkozy à Matignon. Il avait répondu : "la question se pose, oui". Et il avait raccroché...".

Donc Villepin et vous, vous vous parlez ?

"Oui. Villepin et moi on se parle. Même si je ne suis pas sûr qu'il m'écoute beaucoup."
Ca c'est fait...

Et au fait : Chirac et Villepin, ca va comment ? 350034907_1

"C'est chaleureux et dans chaleureux il y a chaleur. Vous savez Villepin c'est le feu. je l'ai vécu au Quai d'orsay lorsqu'il était mon directeur de cabinet. Il y avait le feu, Villepin, d'un coté. Gourdault-Montagne (actuel conseiller diplomatique de Jacques Chirac, ndla), la neige carbonique de l'autre. A l'époque j'étais le médiateur. Aujourd'hui, il n'y a plus de médiateur. Alors, je crains qu'il se laisse un peu emporter. Il bouillonne..."

Sarkozy, enfin ?

"Il est le mieux placé. Pour moi, il est inévitable. Reste à savoir s'il tiendra jusqu'au bout."

Et puis il ajoute, réalisant soudain qu'il a affaire à une brochette de journalistes (ses "ennemis" d'hier, comme il le dit) : "Mais je me laisse aller. J'espère que vous n'êtes pas de ces journalistes blogueurs qui notent tout ça et vont retourner l'écrire sur leur blog-note?". Je répond que si, justement, j'ai un blog depuis une semaine. "Ca vous dérange que j'écrive tout ça?". Pas de réponse...

lundi 20 novembre 2006

I>télé en campagne ?

I>télé a-t-elle fait "campagne contre Ségolène Royal" ?

Anthony (commentaire du 17/11), le soupçonne pour ne pas dire qu'il le pense.
Et cite à l'appui le grand cas que nous avons fait - comme toutes chaines d'info et la plupart des journaux - de la fameuse vidéo "Royal et les profs" qui figure d'ailleurs (pour info) sur ce blog.

Sgolne_royale_et_les_profs

Si les grandes chaines de télé n'en ont pas fait la Une, c'est tout simplement je crois parce que la politique les intéresse moins que nous. Ce qui est plutôt à mon avis notre qualité que notre défaut.
Et si Anthony croit n'avoir entendu qu'un son de cloche chez Thomas Hughes ce soir là, c'est qu'il n'a sans doute regardé la chaine que de manière ponctuelle. Au matin, tranche dont j'ai la charge avec Nathalie et Laurent Kouchner, comme au "Franc Parler", nous avons en tout cas fait en sorte que les trois candidatures soient représentées et traitées à parité. Et je sais que Thomas met un point d'honneur à faire le même travail d'équilibre.

Sérieusement... S'il y a eu coup tordu, il ne vient pas de nous.

Je mets donc les points sur les I : il n'y pas eu de notre part de volonté de "lynchage médiatique", ou de "stratégie de démolition". Nous n'avons jamais pris parti comme il le craint, pour l'un ou pour l'autre au nom d'une "bourgeoisie de gauche bien pensante" et pour dire les gros mots qu'il prononce : "parisienne".

D'ailleurs Anthony a raison de souligner que ces campagnes lorsqu'elles sont organisées sont contre productives. Et c'est d'ailleurs ce que constate l'édito qu'il commente ("Royale, la revanche de la province"). Car si j'affirme qu'I>télé n'a pas organisé de caballe, je sais que d'autres ont été ravis en revanche de donner de l'écho à tout ce qui pouvait destabiliser la candidate.

Enfin, j'étais reporter à TF1 lors de la présidentielle de 95 et j'ai lu comme d'autres le "TF1, un pouvoir" de Pierre Péan et Christophe Nick : franchement si après ça, certains journalistes pensent pouvoir faire ou défaire une candidate, alors c'est qu'ils n'ont rien compris.

Merci en tout cas à Anthony de sa franchise. Quelque soit les sentiments que vous inspirent Ségolène Royal, sa seule intervention suffit à mettre en garde ceux qui penseraient encore pouvoir manipuler l'opinion aussi grossièrement. Dans ce sens ou dans l'autre...

Le supplice de la cloche

Formidable spectacle que celui que nous offre en ce moment les ministres UMP! Premier ministre en tête les voilà lancés dans une course éperdue à celui qui fera le premier chuter Nicolas Sarkozy. Au "rien n'est fait", "les élections se décident au dernier moment" de Villepin sur France 5, répondent les "Sarkozy n'est pas à la hauteur", "il ne supporte pas la contradiction" de François Goulard dans le Parisien (le même ministre Goulard que de nombreux observateurs et mon petit doigt suspectent d'être l'auteur du fameux off "si c'est Sarkozy, j'irai voter Ségolène").

D008056_11_7_1

Une goutte après l'autre, sans laisser déborder le vase... Voilà le principe de cette technique dite du "supplice de la cloche". C'est déjà Dominique de Villepin qui l'avait imaginée et fait appliquer lors de l'arrivée de Lionel Jospin à Matignon : "ploc... Ploc... Ploc" sur la cloche. Ne jamais franchir la ligne jaune mais flirter avec régulièrement. Obliger l'autre à sortir de ses gonds. Plus c'est irrégulier plus c'est agaçant, assure Nicolas Domenach notre chroniqueur politique matinal pour qui le premier ministre avait à l'époque théorisé sa stratégie.

Sarkozy résiste depuis quatre ans à ce régime qui avait passablement irrité à l'époque Lionel Jospin. Mais jusqu'à quand?

vendredi 17 novembre 2006

Royale, la revanche de la Province!

Il fallait voir hier soir le dépit des partisans de Dominique Strauss Kahn. A peine le scrutin socialiste clos à Paris, on les retrouvait dans les cocktails, une coupe de champagne à la main, les yeux encore cernés de nuits passées de meeting en mailing et de spam en collages.

Celui que j'ai croisé, à l'espace Havas - haut lieu de colloques - se consolait de la défaite de son champion à grand renfort de petits fours, en ressassant les rumeurs de couloirs. A Paris, Patrick Bloche, jospiniste passé à l'ennemi (Royaliste donc) aurait passé la journée à appeler personnellement tous les militants de sa circonscription pour les faire voter "Sego", dans le Nord, affirm-t-il, il a fallu que les fabiusiens interviennent pour qu'on finisse par demander leurs cartes d'identité aux électeurs socialistes... Déjà il ne se faisait plus aucune illusion.

Segolenerose_1Plus tard, dans un diner tardif, il fallait voir le dépit d'un énarque passé à l'édition et d'un patron de presse normalien. Exapérés de voir "la Royal" rafler la mise. Perplexes, sceptiques, sinon écoeurés devant le triomphe de "Sainte Ségolène", "politicienne parmi les politiciens". Cet éditorialiste réputé, racontait à l'envi comment elle l'avait appelé pendant 20 minutes pour protester contre la publication par son journal de ses photos de jeunesse.

"Ses photos, rien que ses images, alors que nous avions écrit sur elle, sur son père et son enfance des choses dures. Mais non : elle n'appelait que pour les photos, elle voulait savoir où nous les avions trouvées".
L'image encore l'image, la botte secrete de Ségolène Royale...

Dépit, amertume, critiques parisiennes. Le microcosme n'aime pas Madame Royal parce qu'il la connait bien et depuis 25 ans (des obscurs bureaux de l'Elysée à l'assemblée en passant par les ministères et la rue de Solférino). Parce qu'il ne l'a pas vue venir aussi : il faut voir ce que disent d'elle les inséparables Jean-Pierre Elkabach (patron d'Europe 1 et de Public Sénat) et Alain Duhamel, l'insubmersible éditorialiste, qui ne s'est sans doute pas remis de l'avoir tout simplement oubliée lorsqu'il a écrit son dernier livre sur les présidentiables.

C'est peut-être dailleurs parce qu'ils ne l'aiment pas qu'elle se porte si bien. Parce qu'elle est en rupture avec leurs discours (sinon avec leurs pratiques) qu'elle a rencontré ce succés chez les miltants. Bien sûr les socialistes l'ont plébiscitée parce qu'elle est nouvelle, que son ton, son sourire, jusque sa jouissance télévisuelle au moment de la désignation sont nouveaux. Mais aussi parce qu'elle a su en imposer aux éléphants, snober les vedettes mediatiques, ne jamais vraiment répondre à une question (j'en témoigne pour l'avoir reçu au "Franc Parler" en septembre dernier) et passer en direct avec l'opinion. Bref imposer à cette élite parisienne qui ne n'aurais pas parié un kopek sur la "peste de Melle".

Avec elle, c'est officiel depuis hier soir, la province tient sa revanche.

Et moi promis la semaine prochaine je vous parle d'autre chose...

jeudi 16 novembre 2006

Chut... Suspens...

1611midifranceLes militants socialistes votent...

No comment.
On se reparle demain...

Sondage

  • Pour qui voteriez-vous
    si la Présidentielle se déroulait demain ?
    François BAYROU
    Olivier BESANCENOT
    Marie-Georges BUFFET
    Jacques CHIRAC
    Philippe DE VILLIERS
    Nicolas DUPONT AIGNAN
    Nicolas HULOT
    Jean-Marie LE PEN
    Ségolène ROYAL
    Nicolas SARKOZY
    Dominique VOYNET
    Autre candidat...



    Résultats des votes »

A propos

  • Parce que l'actualité ne s'arrête jamais, je vous propose de partager ici mes commentaires, de réagir aux infos glanées "off" et surtout de débattre ensemble, sans tabou.

    Langue de bois interdite, coups de gueules bienvenus...

L'auteur

  • A 40 ans, je co-anime depuis deux ans la matinale d'i>TELE aux cotés de Nathalie Iannetta.

    Avant de rejoindre le groupe CANAL+, je présentais le 18/20 d'Europe 1 et "Question d'actu" sur LCI. Ancien correspondant de TF1 à Washington et à Jerusalem, j'ai commencé ma carrière par le reportage.

Les notes récentes